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2005 = EUPHORIQUE, 2006 = IDEM ?
La bourse de Paris a clôturé au plus haut depuis l'été 2001 à 4 715,23 points soit +23% pour 2005 malgré un environnement économique peu flatteur : chômage massif, croissance autour de 1,5%, pétrole cher (+50% en 2005), déficit public difficilement sous les 3%, ...
Les marchés ont donc préféré plébisciter les résultats de nos entreprises avec une augmentation des bénéfices en moyenne de 11% tirés par la politique de taux bas de la Banque Centrale Européenne (passant seulement de 2 à 2,25% début décembre), par la croissance mondiale (4,3%) et par l'affaiblissement de l'euro face au dollar (passant de 1,36 à 1,18) facilitant nos exportations. Ils ont aussi bénéficié d'un effet de vase communiquant car l'obligataire et l'immobilier sont très hauts tandis que le monétaire permet tout juste de compenser l'inflation. Comparé aux perspectives de début 2005 où les intervenants prévoyaient en moyenne une performance de +10% : c'est plutôt bien.
Et, comme disait Pierre DAC, "la prévision est difficile surtout lorsqu'elle concerne l'avenir", l'exercice habituel en ce début d'année n'est pas chose aisée.
D'abord, les perspectives d'augmentation des bénéfices sont très sensiblement les mêmes à 10% malgré une augmentation de la croissance entre 1,8 et 2% en France comme en Europe. Ensuite, beaucoup de prévisionnistes anticipent plusieurs hausses de taux pouvant amener le loyer de l'argent vers les 3%. Les matières premières semblent devoir rester chères pendant encore quelques temps. Enfin, le CAC 40 est revenu sur ses plus hauts niveaux si on prend comme monnaie le dollar : étant donné que les américains détiennent quasiment 50% de celui-ci, on peut se poser la question si certains ne vont pas prendre leurs bénéfices. Le consensus prévoit une hausse comprise entre 5 et 10% des indices européens.
Encore une fois, c'est de l'autre côté de l'Atlantique qu'il faut regarder. Les performances des marchés en 2005 furent très décevantes : Dow Jones : -0,6% et la Nasdaq : + 1,4%. Pourtant, les bénéfices des entreprises ont été meilleurs qu'en Europe à 16%, le chômage est de nouveau passé sous la barre des 5% à 4,9% et la croissance tourne approximativement à 3,5% (tirée par, comme toujours, la consommation intérieure). Le tout couronné par 3 ouragans très dévastateurs.
Mais les marchés ont privilégié les déficits du commerce extérieur abyssaux ainsi que la remontée des taux portant les Fed Funds à 4,25%. Pour 2006, les bénéfices devraient croître de 13%, la croissance devrait stagner à 3,5% et les taux courts devraient légèrement progresser pour atteindre le fameux "équilibre" cher à Alan GREENSPAN (qui quittera la Réserve Fédérale américaine fin janvier) anticipé autour des 5%. Ce qui amène les plupart des analystes à surpondérer les marchés américains.
Enfin, dans le reste du monde, le Japon semble réellement sorti de l'impasse alors que le Kabuto-chô a cloturé 2005 à plus de 16 100 points soit +40% (au plus haut depuis 6 ans). Les perspectives sont encourageantes : croissance autour de 2%, consommation intérieure en forte hausse et nette amélioration de la santé des entreprises. Les analyses, malgré la hausse vertigineuse de 2005, recommande encore le Nikkei avec un potentiel de 10 à 20%.
Nous recommandons une grande vigilance sur vos placements actions. En Europe, préférez les fonds gérés de manière "value" ainsi que les grandes capitalisations (la surperformance des petites valeurs semble avoir atteint son maximum). En cas de retournement de marché, la liquidité deviendra un aspect important.
Les marchés surveilleront toujours l'évolution des matières premières et dans le cas où celles-ci ne progressent pas trop, nous conseillons d'investir aux USA et au Japon sur des fonds de croissance.
Bien entendu, nous pensons que les marchés émergents devraient très bien se comporter (après une hausse de plus de 40% en moyenne en 2005) profitant de la croissance mondiale. Nous privilégions les marchés de l'Europe de l'Est, l'Asie des "4 Tigres" ainsi que les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).
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